Parcours
et homosexualité
Mark
Leduc n'était pas un des boxeurs les plus rapide.
C'était un bon technicien avant tout : il savait
donner des coups propres et savait se préparer aux
attaques de ses adversaires.
Leduc
ne fut pas un héro, en tout cas pas avant 1992. Selon
ses amis, c'était un gars difficile qui était
certain de deux choses à 12 ans : sa sexualité
et son amour profond pour la boxe. La boxe était
un bon moyen pour cet adolescent troublé de compenser
ses états d'âme. "Les gens ne font pas la relation
entre être un combattant et être gay". Je pense
que j'ai utiliser cela comme un masque".
Quelques
années après, Marc se trouve d'autres problèmes.
Il quitte sa famille (il a de nombreuses soeurs mais n'aura
qu'un frère qui décèdera d'un accident
de voiture) quand ses parents se séparent.
Il
a alors 15 ans quand il commence à vivre dans les
rues. Sa rebellion le sert à vaincre une dure réalité.
"J'étais un gamin à problèmes" dit-il.
"Beaucoup de ces problèmes provenaient du fait que
je n'étais pas en accord avec ma sexualité,
que je ne l'acceptais pas. Sociallement, vous n'êtes
pas accepté et parfois, un adolescent ne se sent
pas un homme s'il est gay".
Sa
vie est alors remplie de petits crimes et de bravades, lui
permettant de trouver assez d'argent pour s'alimenter en
cocaïne.
Pendant
trois ans, sa vie n'a pas de direction. Il échange
des combats de boxe contre des seringues. "Vous faites des
choix à cet âge et parfois, il sont erronés."
Cela
l'entrainera en prison. Il attaque à main armée
une bijouterie même si selon un complice, le propriétaire
n'était pas tout blanc dans l'affaire (problème
d'assurance ?). Il est pris par la police et est condamné
à 6 ans de prison au Pénitencier de Collins
Bay à Kingston (Ontario). Ce n'est pas une partie
de plaisir : c'est un endroit où l'on trouve des
gars enfermés pour des longues peines.
C'est
pourtant là que les choses recommencent à
touner un peu plus rond. Il recommence à boxer trouvant
largement le temps dans la journée. "Si je n'avais
pas eu le sport, je ne serais plus là aujourd'hui.
Je serais mort." dit-il.
Il
se fait avec des tissus de fortune des gants de boxe lui-même.
"Ils étaient parfaits," dit-il fièrement.
Grâce
à un des gardiens et après 18 mois, il obtient
une autorisation de sortie 3 jours par mois dans le club
amateur de boxe de Kingston. Il utilise son temps à
l'entrainement mais aussi aux combats. Il se retrouve finalement
avec 184 vctoires et 26 défaites.
Les
JO de 1984 à Los Angeles se passent alors qu'il se
languit en prison. Il est relaché à temps
pour ceux de 1988 mais ne parvient pas à se qualifier
dans l'équipe destinée à aller en Corée
du Sud.
Leduc
décide de tout consacrer aux JO de 1992. Après
avoir gagné le championnat national et une médaille
d'or à un meeting préparatoire international,
il est sur la bonne voie.
Avant
les jeux, peu de gens auraient parié sur le fait
qu'il passe le premier tour, encore moins qu'il gagne une
médaille. A 30 ans, il était le boxeur le
plus âgé du tournoi. Et pourtant, il se qualifia
pour la finale.
Juste
avant le grand jour, il développa une tendinite à
son épaule gauche et connu une infection d'une piqure
de moustique sur sa jambe qui lui donna de la fièvre.
Il perdit finalement contre le cubain Hector Vinent (11-1).
Il
commence alors une carrière pro. Il était
pourtant trop "vieux" et son style le destinait aux victoires
aux points, pas par KO. Il gagna son premier combat chez
les pro quelques mois après les JO en rossant "Jazzy"
Jeff Williams au Memorial center de Kingston. (la ville
a donné symboliquement ses clés à Marc).
Un
an après avoir battu Andy Wong en 1993 pour gagner
le titre canadien des super-légers, Leduc prend sa
retraite. C'est alors qu'il rend public son homosexualité.
Le
journal Kingston Whig-Standard propose un éditorial
très supporter en écrivant une semaine après
que Marc "une fois de plus a fait preuve du courage qui
l'a entraîné au sommet de son sport".
Le
monde de la boxe est moins enthousiaste. Les boxeurs ne
sont pas supposés être des intellectuels mais
des tueurs et le machisme de la boxe est la seule raison
pour laquelle Leduc n'a pas fait son coming-out plut tôt.
"C'est une chose personnelle" dit-il. "Cela ne relève
pas de la description de votre métier. Voulez-vous
être respecté comme un athlète ou comme
un athlète gay ?". La sexualité des gays,
spéciallement des jeunes gays, ne devrait pas être
mise en avant. J'ai des sentiments mitigés sur les
athlètes qui font leur coming-out : qui s'en préoccupe
? Moi, je m'en moque. Vous êtes avant tout un athlète".
Pour
Leduc, il était important de montrer au public ce
coté privé mais seulement après sa
carrière. "Je vois beaucoup de Mark Leduc frustrés.
Ils essayent de se trouver et ne savent pas quel chemin
prendre. J'espère que mon histoire leur évitera
les erreurs que j'ai pu faire".
Depuis,
on a vu Mark Leduc aux gays pride, souvent mis en avant.
Leduc apprécie de donner un message positif et surtout
comprend sa valeur comme brisseur de stéréotypes.
Il a eu le courage de monter sur un ring, de se sortir du
mauvais chemin qu'il avait pris, et de sortir du placard.
"Je ne suis pas un boxeur mais un champion boxeur".
Il
travaille maintenant dans l'industrie du film où
il construit des décors pour le cinéma et
la télévision.

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