Parcours
Aucun
autre Roi , que Richard Ier , dit " Coeur de Lion " n’a
autant frappé les esprits de son siècle. Poète,
chevalier, rebelle, homme de guerre, grand stratège,
croisé, roi, il a tout été et demeure
l’archétype du roi-chevalier du Moyen-Age.
Son
père Henry II, Roi d’Angleterre, Duc de Normandie,
Comte d’Anjou et, par son mariage, Duc d’Aquitaine, est
à la tête d’un empire qui s’étend des
frontières écossaises aux Pyrénées.
Sa mère, Aliénor d’Aquitaine, épouse
d’Henry II en secondes noces, est l’être le plus fascinant
du couple royal. La succession au trône est totalement
assurée avec Henry le Jeune, le frère aîné
de 3 ans, et Richard. Elle aura encore deux autres fils,
Geoffroy et, le dernier, Jean, né en 1167.
Le
centre de l’empire était l’Anjou. Henry II, né
au Mans, est mort à Chinon et a été
inhumé à Fontevrault. Aussi Richard ne grandit
pas en Angleterre, mais il n’est pas non plus élevé
à la cour de son père. En effet, après
la naissance de Jean, en 1167, Henry et Aliénor,
vivent séparément. Aliénor établit
sa cour sur ses terres à Poitiers,avec Limoges une
des capitales traditionnelles des ducs d’Aquitaine . Il
vit entouré d’une cour raffinée où
se côtoient les plus fins lettrés, les troubadours
les plus célèbres et les meilleurs musiciens.
Richard
est élevé comme un grand seigneur, les jeux
de l’esprit lui sont familiers, il écrit les langues
d’oc et d’oil (le français et le limousin), et parle
si bien le Latin qu’il peut faire des plaisanteries latines
aux dépens de l’Archevêque de Canterbury, moins
instruit. Mais il s’initie aussi aux disciplines de la chevalerie,
monter et combattre à cheval, et à l’art de
la guerre en participant aux tournois.
De
1169 à 1172, Richard est le nouveau Duc d'Aquitaine.
En
mars 1173, à Limoges, Henry II convoque ses barons
en assemblée et, là, coup de théâtre,
Henri le Jeune, frère aîné de Richard,
se dresse contre l’autorité paternelle. Quelques
jours plus tard, avec Richard et Geoffroy, il se retrouve
à la cour de Louis VII, à Paris. Les trois
frères font prendre les armes à tous les barons
du Poitou et de l’Aquitaine contre leur père. Une
année riche en événements se déroule.
Mais Henri II est le plus fort. Le 8 juillet 1174, Aliénor
qui tentait de rejoindre ses fils, est arrêtée
par une patrouille d’Henri. Elle restera prisonnière
de son époux jusqu’à la fin de son règne.
Le
30 septembre, les enfants rebelles se soumettent. Là,
le caractère déroutant de sa personnalité
se révèle. Alors qu’il avait soulevé
l’ensemble des grands feudataires poitevins et aquitains
contre Henry II, il va devenir leur principal adversaire,
pour, désormais allié de son père,
les faire rentrer dans l’ordre " Plantagenêt ".
C’est
dans cette guerre, qu’il développe d’étonnants
talents de stratège et de meneur d’hommes. En 1177,
il écrase la révolte des Barons, en écrasant
les mercenaires brabançons à Barbezieux (Charente),
et en emportant de haute lutte le Château de Limoges.
A la même époque, il fait prisonniers 2500
routiers qui mettaient à sac le Limousin et les mène
à Aixe sur Vienne, près de Limoges. Là,
il fait couper la tête à un tiers d’entre eux.
Le second tiers est noyé dans la Vienne et on perce
les yeux du dernier tiers. Ces hommes sont ensuite dispersés
sur les routes, pour proclamer la grandeur de la sévère
justice de Richard. C’est à cette époque que
Bertran de Born, le surnommera " oc et no " soulignant cette
capacité à prendre d’un jour à l’autre
des décisions contraires.
En
juin 1183, une soudaine attaque de dysenterie, change sa
situation. Son frère aîné Henri le Jeune,
âgé de 27 ans, meurt. Richard devient héritier
du trône d’Angleterre.
En
1184, Richard croise le fer pour la première fois
avec l’homme qui deviendra le plus sûr allié
de Philippe Auguste : Jean, le cadet des frères angevins.
Henry II avait espéré que Richard laisserait
l’Aquitaine à Jean. Mais Richard a refusé
car il avait passé son enfance et son adolescence
en Aquitaine, soumettant la province à sa volonté
et n’était pas prêt à l’abandonner.
Richard garda son duché et Jean devint " Jean sans
Terre ".
Le
6 juillet 1189, à Chinon, Henry II meurt. Le 20 juillet
Richard est investi du duché de Normandie, et le
3 septembre, à Westminster, il est couronné
Roi d’Angleterre. Aliénor triomphe. Le 11 décembre,
il s’embarque pour la croisade et rencontre Philippe Auguste
quelques jours plus tard pour organiser le départ.
Le 7 août 1190, il quitte Marseille et, le 24 septembre,
atteint Messine, en Sicile, où Philippe l’a précédé.
Richard
et Philippe se rencontrent, l’atmosphère semble chaleureuse.
Les vents défavorables ne permettent pas de lever
l’ancre pour la Terre Sainte et le séjour sicilien
se prolonge. Le 2 Février 1191 une violente altercation
oppose les deux rois. Jeanne, la soeur de Richard, jeune
et très désirable veuve de Guillaume de Sicile,
enflamme le coeur du roi de France. Richard ne le tolère
pas. Les brouilles se développent et s’amplifient
tout au long de ce séjour forcé. Enfin le
30 Mars Philippe Auguste quitte Messine le jour même
où Aliénor y arrive accompagnée de
Bérengère de Navarre, fille du roi Sanche,
future épouse de Richard.
En
Avril , Richard s’embarque avec Bérengère.
Ils abordent en Crète et le 9 Mai ils sont à
Chypre où, le 12 Mai lors de leur mariage à
Limassol, Bérengère est couronnée reine
d’Angleterre. Richard se rend maître de l’île
et, le 5 Juin, appareille pour Saint Jean d’Acre laissant
le pouvoir à deux chevaliers chargés d’administrer
Chypre en son nom.
Le
12 Juillet, les musulmans qui défendaient Acre se
rendent et les Croisés y font avec Richard une entrée
triomphale. Mais les intrigues se nouent, les jalousies
s’exacerbent et Philippe Auguste annonce son départ.
Lusignan et Montferrat s’opposent sur la dévolution
du Royaume de Jérusalem. Le 20 Août alors qu’une
entrevue est fixée entre les Croisés et les
émissaires de Saladin pour un échange de prisonniers
et lareddition de la vraie Croix, Richard exaspéré
par le retard des musulmans fait exécuter les 2700
captifs.
En
Septembre, Richard bat Saladin à Arsouf. Il reprend
contact avec l’ennemi et lors d’une très cordiale
entrevue avec Malik el Adil, frère de Saladin, il
lui propose d’épouser sa soeur, la belle Jeanne.
Ainsi serait définitivement résolu le problème
des Lieux Saints : le prince musulman et l’ex-reine de Sicile
règneraient sur la région côtière
en résidant à Jérusalem. Les chrétiens
continueraient à dire la messe au Saint Sépulcre
alors que les musulmans prieraient dans leurs mosquées.
Ce
projet n’aboutit pas. Richard installe Gui de Lusignan comme
roi de Chypre, bat Saladin devant Jaffa après avoir
renoncé à marcher sur Jérusalem. Le
2 Septembre est conclu le traité de Jaffa entre les
deux héros de la troisième croisade , Richard
et Saladin. Désormais les Chrétiens peuvent
librement se rendre en pèlerinage sur tous les Lieux
Saints et un état Franc est créé s’étendant
de Tyr à Jaffa.
L’heure
est maintenant au retour car, malgré la vigilance
d’Aliénor, les barons Aquitains et Poitevins encouragés
par le Roi de France s’agitent et Jean sans Terre prend
goût au pouvoir. Le 9 Octobre 1192, Richard s’embarque
à Chypre. Après une navigation chaotique qui
l’amène à rebrousser chemin de Marseille à
Corfou puis Raguse où il débarque avec une
poignée de compagnons. Hélas il est sur les
terres de son ennemi le plus irréductible, Léopold,
duc d’Autriche. Ce dernier est prévenu et Richard
est arrêté sans aucun ménagement et
jeté dans un cul de basse fosse comme un vulgaire
bandit de grand chemin. Au bout de quelques mois de ce régime
particulièrement sévère il est transféré
de Durnstein à Trifels sur les terres de l’Empereur
Henri VI. L’Europe entière est au courant au grand
scandale de la papauté qui voit d’un très
mauvais oeil un croisé être emprisonné
par des Chrétiens. Mais rien n’y fait, d’ailleurs
l’ensemble des souverains voilent à peine leur satisfaction
de voir enfin Richard neutralisé. Seule Aliénor
se démène et négocie la rançon
de son fils qu’elle apporte elle-même à l’Empereur
à Cologne. Le 2 Février 1194, Richard est
enfin libéré.
Le
13 Mars, Richard est en Angleterre où il remet de
l’ordre dans son royaume, puis passe en Normandie et en
Aquitaine où il arrête net les visées
de Philippe Auguste sur ses possessions continentales. Le
13 Janvier 1199 une trêve de 5 ans est conclue entre
les deux rois, Richard est enfin libre de régler
certains comptes restés en suspens. Celui qui est
particulièrement visé s’appelle Adhémar.
Il est vicomte de Limoges et fut l’un des moins zélés
de ses vassaux à participer à la collecte
de sa rançon et aussi l’un des moins fidèles
puisque aujourd’hui encore les archives de France conservent
le traité secret de l’alliance du vicomte avec le
roi de France contre son suzerain de droit : Richard.
L’heure
avait sonné de mettre son vassal au pas. La légende
dit qu’on avait trouvé à Châlus un fabuleux
trésor de 12 statues d’or et que Richard vint sur
place pour revendiquer cette fabuleuse découverte.
La vérité est beaucoup plus simple : Adhémar
doit être châtié et le château
de Châlus est le verrou qui donne accès à
Limoges. D’autre part, à moins de 15 kilomètres,
se trouvent les plus importantes mines d’or de France, encore
exploitées aujourd’hui. Le vicomte de Limoges devait
sans doute soigneusement oublier de remettre à son
suzerain son dû. Il faut peut-être voir là
l’origine de la légende.
Quoiqu’il
en fut, Richard, accompagné du sinistre Mercadier
son routier et chef de guerre favori, arrive avec une centaine
d’hommes pour prendre Châlus le 25 Mars 1199. Dés
le lendemain, il repère les lieux. L’ensemble de
la garnison, une poignée d’hommes d’armes et leur
famille, trente à trente cinq personnes, se réfugient
dans le grand donjon cylindrique. Ils craignent pour leur
vie d’autant plus que Richard et Mercadier ont proclamé
haut et fort qu’il n’y aurait pas de quartier pour ces félons.
Ils savent qu’ils ne seront pas secourus, ils savent aussi
qu’on ne se rebelle pas contre son suzerain. Ils sont dans
le plus total désespoir. Un des chevaliers barricadés
dans ce formidable donjon a une arbalète. Son nom
est Pierre Basile. Il voit à ses pieds un petit groupe
de cavaliers. Exaspéré, et pour les faire
fuir, sans même viser, il lache son trait d’arbalète,le
carreau vole et vient se ficher à la base du cou
d’un des cavaliers qui se dresse fièrement sur ses
étriers pour complimenter le tireur sur son adresse.
Richard
était atteint, il descend de cheval, s’assoit sur
un rocher pour qu’on examine la blessure et, persuadé
de sa bénignité, revient à son camp.
Mais on ne peut extraire le fer, l’infection gagne, Richard
comprend que sa fin est proche. Il pardonne aux défenseurs
de Châlus et à Pierre Basile en particulier
àqui il lègue une somme d’argent. Sa mère
bien aimée, Aliénor, accourt de Fontevrault
pour recueillir les dernières volontés de
son fils : " que mon corps soit enterré à
Fontevrault, mon coeur dans ma cathédrale de Rouen,
quant à mes entrailles qu’elles restent à
Châlus ".
Ainsi
mourut à Châlus en Limousin le plus emblématique
roi du Moyen-Age. Le Limousin et l’Aquitaine venaient de
perdre l’un des leurs, qui maniait si magnifiquement la
langue d’Oc qu’il était devenu l’égal par
son talent des plus grands troubadours. Le défenseur
des Arts, le musicien, le parfait chevalier n’était
plus, avec lui s’achevait ce douzième siècle
glorieux dont on allait, des siècles durant, regretter
la fin.
(Iris
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Bisexualité
Les
textes disent que Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste
étaient très attachés l'un à
l'autre, qu'ils couchaient ensemble. On n'a pas de détail,
mais la plupart des historiens sont d'accord aujourd'hui
pour penser qu'ils ont vraisemblablement été
amants pendant leur adolescence. Son dernier biographe le
classe comme bisexuel ou tout simplement comme paillard
!

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gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
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