Parcours
Louis
II de Wittelsbach succéda très jeune à
son père Maximilien II: il monta sur le trône
en 1864. L'existence tourmentée, étrange de
ce roi, et sa fin tragique et mystérieuse n'ont cessé
de parler à l'imagination des hommes. Est-ce le sang
des Wittelsbach, cette lignée dont une propension
à la mélancolie et à la dépression,
conjuguée avec des dons artistiques, ont produit
davantage de princes mieux faits pour les travaux de l'esprit
que pour les grandes ambitions politiques; ou est-ce une
éducation manquée et surtout la bouleversante
rencontre avec le génie de Wagner qui ont façonné
ce roi mélancolique et solitaire, mêlé
aux événements historiques qui marquèrent
la fin de la vieille Allemagne? Il est difficile de démêler
l'écheveau de l'hérédité et
des circonstances.
L'amitié
passionnée que le roi témoigne à Wagner
est un événement décisif pour Louis
II et pour le musicien. Grâce à Louis II, Wagner
sort de l'obscurité et de la difficulté. Tout
va mal pour le musicien jusqu'au moment où il est
appelé auprès du souverain qui le comble de
faveurs (1864). Cette protection suscite des jalousies et
alimente dans les milieux bourgeois de la Bavière
une campagne de dénigrements. Déjà
le comportement étrange du roi, sa misanthropie,
ses sautes d'humeur commencent à faire jaser et on
attribue au musicien la responsabilité de toutes
ces bizarreries royales. Les largesses de Louis II se répandent
sur Wagner et le projet d'un théâtre wagnérien
peut enfin aboutir, malgré les oppositions multiples:
c'est à Bayreuth et non à Munich, hostile
au mécénat de son souverain, que sera posée,
en 1872, la première pierre.
En
1876, le théâtre ouvre ses portes devant un
auditoire de rois, de disciples et de spectateurs accourus
de tous les points du globe. Louis II, ensorcelé
de musique, est perdu dans ses rêves. On raconte que
dans son château fantastique de Hohenschwangau, il
se déguise en Lohengrin.
Ce
roi romantique est confronté, comme souverain de
la Bavière, au problème de l'hégémonie
prussienne. Son règne coïncide en effet avec
l'expansionnisme de la Prusse, admirablement servi par Bismarck.
Plutôt que d'épouser la cause du parti catholique
bavaroisadversaire de la Prusse, Louis II n'apporte qu'une
très modeste contribution à la cause de Vienne
au moment de la guerre entre l'Autriche et la Prusse. Ce
qui vaut à la Bavière, après la défaite
de l'Autriche à Sadowa, un traitement plutôt
doux de la part de la Prusse victorieuse. Après la
dissolution de la Confédération germanique
et la constitution d'une Confédération de
l'Allemagne du Nord autour de la Prusse, Louis II, avec
réalisme, oriente son pays vers une politique d'union
avec la Prusse. Il fait appel, pour le seconder dans la
direction des affaires publiques, à Hohenlohe qui
ne cache pas son amitié pour Bismarck. Lorsque éclate,
en 1870, la guerre franco-prussienne, la Bavière
est naturellement engagée dans le conflit aux côtés
de la Prusse et quand la défaite française
est consommée, Louis II accepte de signer la lettre
qui propose au roi de Prusse la couronne impériale.
Mais la prééminence de la Prusse dans l'Empire
allemand relègue la Bavière dans un rôle
secondaire et finit par offusquer Louis II qui s'enferme
dans une solitude hautaine.
Le
souverain sombre dans la misanthropie et l'horreur des foules.
Refusant de communiquer avec ses ministres,il ne voit plus
que ses domestiques et ses ordonnances. Sa passion pour
les arts se manifeste dans la construction de châteaux
insensés comme celui de Herrenchiemsee inspiré
de Versailles (1878). Ce prodigieux pastiche coûte
aussi cher que l'original.
Servant
de cadre aux rêveries étranges de ce prince
sans cour, ce vaste palais désert va causer la perte
de Louis. L'entourage du roi comprend que ses extravagances
vont ruiner les finances du royaume. Il faut alors mettre
le souverain hors d'état de nuire. Comme le roi s'obstine
à vivre hors des réalités dans ses
rêves romantiques, on se résoud, le 8 juin
1886, à le faire interner au château de Berg.
Le 13 juin, il est retrouvé noyé avec son
médecin, le docteur Gudden, dans les eaux du lac
de Starnberg, à un endroit où pourtant il
avait pied. Accident, crime, suicide ou tentative manquée
de fuite, le mystère entoure la mort de cette âme
tourmentée, qui a inspiré à Luchino
Visconti l'un de ses derniers films, Ludwig (1972), devenu
en France le Crépuscule des dieux.
(yahoo
encyclopédie)
Homosexualité
Même
les rois n'échappaient pas à ce monde guidé
par toutes ces idées moralistes. Le destin de Louis
II de Bavière en cette fin du XIXe siècle,
fut pathétique.Il sentait bien que ce moule dans
lequel il devait vivre n'était pas le sien. Gouverner
dans ce monde, était pour une tâche quasi-impossible.
D'autres rois ont sû jouer l'alternance, pas lui.
Il
s'obligeait à exister dans une autre existence que
la sienne, il vivait une véritable crise d'identité.
Il était le roi, mais il était l'homme. Alors,
le contact avec autrui lui était si pénible
qu'il prit une série de mesures pour s'isoler de
ses sujets. Par dégoût des lieux publics qui
englobait jusqu'aux églises, il se fit bâtir
une chapelle où il assistait seul à la messe.
Même interdiction pour les théâtres où
l'on donnait pour lui seul le spectacle, dans la salle vide.
Se rendre à Munich et s'occuper des affaires du royaume
lui devint bientôt un supplice. Lors des banquets
auxquels il ne pouvait échapper, il ordonnait de
disposer devant lui d'énormes bouquets de fleurs
qui lui cacheraient les convives. Il demandait aussi à
l'orchestre de jouer le plus fort possible pour lui épargner
les frais de la conversation. Les personnages de la cour,
les hommes politiques, ses ministres, ses conseillers, lui
causaient une aversion particulière.
En
revanche, il se plaisait dans la compagnie de ses pâges,
des ses valets, de ses palefreniers, de ses écuyers
(là encore, un exemple du rapprochement des classes
et qui le mènera à sa perte). Sa majesté
n'a plus de rapports personnels ni avec les détenteurs
des plus hautes charges de la cour, ni avec les ministres
d'état.
Ce
fut un malheur pour lui d'être né roi. Lui
que dégoûtait le cérémonial,
les contraintes officielles, l'agitation urbaine, les devoirs
sociaux et qui n'était heureux qu'à cheval,
dans la montagne, parmi les paysages de neige et de vent
en compagnie de ses valets. Prisonnier de son trône
et des idées dans l'air du temps, il menait un combat
permanent avec lui-même. Dans ses carnets secrets
qu'il écrivit tout au long de sa vie, il soutient
sa lutte incessante, harrassante, contre la masturbation
et son homosexualité. Voilà l'élément
le plus pathétique de ce destin, lorsqu'on se remet
en mémoire comment il y a cent ans et surtout en
Allemagne, l'homosexualité était considérée.
Le roi était en combat permanent avec l'homme qu'il
était. L'idée de l'homosexuel sur lui-même
était de se sentir, non pas seulement un hérétique
du sexe, mais il estimait qu'il était également
une erreur de la nature, un raté dans l'ordre du
monde, moins que rien. Le roi fuyait le monde pour que 'homme
qu'il était puisse retrouver le sien.
Il
ressentît son premier épanchement amoureux
à 16 ans. Lorsqu'il eut 18 ans, il fit entrer à
son service son jeune amant, le prince Paul de taxis avec
lequel il passera trois semaines dans les montagnes bavaroises,
seuls, au mépris du protocole qui voulait que toujours
quelqu'un soit présent auprès du roi. Plus
tard Richard Wagner entra dans la vie de Louis II mais malgré
sa candide jeunesse, le roi dû se rendre compte que
la difficulté de son rang banissait l'anonymat. La
discrétion obligea Louis à maintenir ses relations,
quasi exclusivement avec des jeunes hommes choisis parmi
les paysans, montagnards, ou valets (sa simplictié
et sa préférence pour les gens des campagnes
plutôt que ceux de sa cour lui valût jusqu'à
sa mort, la fidélité de son peuple, son homosexualité
également le rapprochait un peu de leur misère).
Il
y eut quelqu'un pourtant dans sa vie amoureuse avec lequel
il eut une liaison durable et constructive. Avec l'un de
ses écuyers qui posséda ses sens et le coeur
du roi pendant plus de dix ans. Il se nommait Richard Hornig.
Il avait quatre ans de plus que Louis et devint peu à
peu un conseiller intime, un secrétaire particulier,
très particulier, serviteur honnête, ami fidèle,
compagnon discret, esprit cultivé.
Mais
l'assassinat psychiatrique à l'insu de sa majesté
avait commencé. L'oncle de Louis II le fit déclarer
fou, il confisca ses carnet secrets et les mit entre les
mains des médecins et des psychanalystes. Puis il
le fit enfermer et occupa le trône. Le roi, trop faible
pour se dégager des tabous de son époque,
fut prisonnier toute sa vie d'un atroce sentiment de culpabilité
qui finit par le détruire. La plus grande partie
de ses carnets secrets consigne les péripéties
d'une guerre sans merci contre son instinct sexuel.
A
compter de ce jour, un nouveau code pénal fut établi
punissant d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq
ans de prison, les actes sexuels commis entre adultes masculins
(les lesbiennes restent toujours dans l'indifférence).
Les moeurs du "roi fou", qui restait dans l'esprit du peuple
un souverain populaire, servit d'exemple."Laissez la liberté
à l'amour entre hommes et ce sera bientôt la
révolution et la ruine de l'Etat (prince de Bismark),
l'armée, l'Administration, la justice, la police,
reposent sur une stricte hiérarchie. La libération
de désirs incontrôlés introduirait une
subversion périlleuse. L'autorité du pouvoir
serait anéantie. Si l'officier déclarait son
amour à un soldat, se ferait-il encore obéir
? Il ne faut pas prendre exemple sur Louis II qui a délaissé
les devoirs du trône pour la société
des ses domestiques." "L'homosexualité est révolutionnaire"
disait Bismarck. Ce code devint le paragraphe 175 et cette
législation fut également adoptée dans
l'empire autrichien. Il restera en vigueur jusqu'en 1969.
Louis
II avait reçu la commune éducation puritaine
de son temps et de sa classe, fondée sur le refoulement
des instincts. A cette répression d'origine politico-religieuse
et morale s'ajoutait la condamnation officielle. Etouffé
autrefois par la coutume, rejeté à présent
par la loi. Il se sentit alors complétement dépersonnalisé.
Il n'existait plus en tant que roi ni plus désormais
en tant qu'homme. Les médecins, les docteurs l'ont
sali, humilié. Contrairement aux verdicts sans appel
prononcés par les plus hautes autorités politiques
et scientifiques, une psychanalyse de Louis II semble inutile.
Examiner ses rapports avec son père, avec sa mère,
avec son frère, n'ont conduit qu'aux banalités
habituelles. Une âme féminine dans un corps
masculin, dégénérescence génétique,
tare, que de questions permettant de ne pas exposer la vraie
raison. Ce qu'était Louis II de bavière, il
l'était par don inné de la nature humaine.
Aucune cause familiale à rechercher. Son drâme
ne fut pas d'être homosexuel mais de l'être
à une époque et dans un pays qui interdisaient
rigoureusement tout instinct rebelle au mariage et à
la procréation.
Justice
soit rendue à Louis II de Bavière, prophète
désarmé et martyr de l'homosexualité.
(filoumektoub.free.fr/gaibeur/gayculture/histoire/h0041.htm
)
Commentaire
Jolie
formule qui résume bien le mal-être de cet
homme. Mais cette difficulté à accepter son
homosexualité reste encore d'actualité aujourd'hui,
notamment pour les jeunes encore dans le cocon familial.
Le suicide est encore trop souvent une des réponses
trouvées pour arrêter ce calvaire comme semble-t-il
le roi de Bavière. Mais aujourd'hui, de nombreuses
associations essayent d'aider ces jeunes à comprendre
que leur homosexualité n'est en rien une tare mais
un goût qui n'est pas partagé par tous.

Cette
page fait partie d'un site très complet sur les personnalités
gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
par la page principale, cliquez ICI
pour accèder à celle-ci.
|