Parcours
Henri
III est le dernier de ces «Valois décadents»
qui ont gouverné le royaume de France alors en proie
aux guerres de Religion. Son règne, comme celui de
ses frères qui l'avaient précédé
sur le trône, fut marqué par les intrigues,
les assassinats et la difficulté de dégager
un parti qui soutienne véritablement la politique
du roi. Dans la tourmente des années 1570-1580, Henri
III ne se montra pourtant pas le monarque impuissant que
l'historiographie traditionnelle a voulu stigmatiser ; cependant,
l'extinction de sa lignée, en entraînant la
plus grave des crises dynastiques de l'Ancien Régime,
a souligné ses faiblesses et ses erreurs.
L'apprentissage
de la fonction royale
Quatrième
fils d'Henri II et de Catherine de Médicis après
François, Louis, mort en bas âge, et Charles
, le futur Henri III fut d'abord prénommé
Alexandre-Édouard il ne cessa de porter ce prénom
qu'à partir de 1564, et reçut alors celui
de son père. Le jeune homme était le fils
préféré de sa mère, Catherine
de Médicis, qui était en outre persuadée
qu'il régnerait, ainsi que le lui avait prédit
Nostradamus. Les principaux conseillers d'Henri, alors qu'il
n'était encore que duc d'Anjou, furent le cardinal
de Lorraine, de la maison de Guise, Philippe Hurault, sire
de Cheverny, qui devint chancelier à la mort de Birague
en 1583, et Gaspard de Saulx-Tavannes, son mentor sur le
plan militaire.
La
lutte contre les protestants
En
novembre 1567, Charles IX le nomma lieutenant général
du royaume, et il succéda à Anne de Montmorency
à la tête de l'armée royale. C'est sous
la direction de Saulx-Tavannes qu'Henri d'Anjou vainquit
les protestants à Jarnac puis à Moncontour
(1569), sans que ces victoires soient décisives.
En 1569, Charles IX créa pour son frère le
nouveau titre d'intendant général du roi ;
le duc d'Anjou devait aider le roi dans sa tâche,
mais dans les faits, son rôle se limitait à
contresigner les ordres, qui restaient inspirés par
Catherine de Médicis.
En
1571, Henri d'Anjou annula officiellement son projet de
mariage avec Élisabeth d'Angleterre : d'une part,
il rejetait l'idée de se marier avec une reine non
catholique ; d'autre part, celle-ci avait refusé
la moindre concession sur l'exercice du culte catholique
dans son royaume.
En
1572, lors de la Saint-Barthélemy, il approuva les
décisions de sa mère et de Charles IX ; pour
protéger la maison où reposait l'amiral de
Coligny, blessé dans l'attentat du 22 août,
il avait fait nommer le maître de camp des gardes
du roi, Caussens, qui était un ennemi personnel du
chef protestant et qui participa à son assassinat.
Par la suite, alors qu'il était candidat au trône
de Pologne, Henri fit publier un Bref et vrai récit
du dernier trouble de France survenu à Paris, dans
lequel périt l'amiral ; il tentait de s'y disculper,
niant avoir participé au Conseil du roi au cours
duquel fut prise la décision du massacre.
De
janvier à juillet 1573, durant la quatrième
guerre de Religion, Henri d'Anjou mena les armées
royales lors du siège de La Rochelle. La nouvelle
de son élection au trône de Pologne, qui lui
parvint le 19 juin, le décida à trouver un
compromis avec les insurgés, afin de ne pas s'aliéner
ceux de ses futurs sujets qui étaient protestants.
Il leva le siège le 6 juillet.
Roi
de Pologne (1573-1574)
Sigismond-Auguste,
dernier roi de la dynastie des Jagellon, qui régnait
sur la Pologne, mourut le 7 juillet 1572. Le nouveau souverain
devait être élu par l'assemblée des
nobles du royaume.
L'élection
d'Henri Ier
Lors
de la réunion de la diète électorale,
l'évêque de Valence, Jean de Monluc, représenta
si habilement les intérêts du duc d'Anjou que
celui-ci fut élu le 11 mai 1573 contre l'archiduc
Ernest, fils de l'empereur Maximilien II.
Cependant,
l'évêque de Valence avait dû faire certaines
concessions aux nobles polonais, lesquelles revenaient à
limiter le pouvoir du roi ; aussi les Polonais envoyèrent-ils
une ambassade pour obtenir la confirmation d'Henri. Celui-ci
hésita mais, devant la fermeté de la délégation
polonaise («Jurabis aut non regnabis !», soit
«tu jureras ou tu ne régneras pas !»),
finit par accepter, non sans avoir pris soin d'obtenir par
lettres patentes de Charles IX, le 10 septembre 1573, l'assurance
de lui succéder au trône de France s'il mourait
sans héritier mâle.
Le
règne et le retour en France
Henri
Ier de Pologne ne régna que cent quarante-six jours,
du 24 janvier 1574, date de son entrée en Pologne,
au 18 juin de la même année, date de sa fuite.
Plus intéressé par les affaires françaises
que polonaises, Henri Ier n'eut pas le temps de jouer quelque
rôle que ce soit. Il prépara son évasion
dès qu'il apprit la mort de son frère Charles
IX, le 14 juin. Quatre jours plus tard, il s'enfuit en pleine
nuit, ne fut rattrapé par son chambellan qu'à
la frontière, qu'il put cependant franchir.
Son
voyage de retour se fit par Vienne où il rencontra
l'empereur et refusa son offre d'épouser sa fille,
la veuve de Charles IX , par Venise, enfin par Turin où
il rencontra Henri de Montmorency-Damville, afin de le dissuader
de poursuivre dans la voie de la révolte. Il accepta
de restituer au duc de Savoie les places fortes que la France
possédait encore en vertu du traité du Cateau-Cambrésis,
notamment Pignerol.
La
première partie du règne (1574-1577)
Henri
III écrivit en juin 1574 à sa mère
que «France et vous valent mieux que Pologne».
Le nouveau roi savait pourtant qu'il allait aussitôt
devoir affronter la question religieuse, et un soulèvement
d'une partie de la noblesse. Il rentra en France le 5 septembre
1574, s'arrêtant d'abord à Lyon. L'une des
premières mesures qu'il y prit fut de restreindre
son Conseil à huit membres : le chancelier Birague,
Jean de Monluc, Morvilliers, L'Aubespine, Paul de Foix,
Pibrac, Cheverny et Bellièvre. Il renouait ainsi
avec un Conseil étroit qui ne pouvait que mécontenter
la haute noblesse, qui le lui reprocha dans ses déclarations
des années 1574-1576. Enfin, la situation financière
que trouva Henri III était désastreuse ; l'État
était considérablement endetté, et
l'écart se creusait entre les valeurs légale
et commerciale de la monnaie, appauvrissant les sujets les
plus humbles.
Le
sacre du nouveau roi eut lieu à Reims le 13 février
1575, et, le surlendemain, il épousa Louise de Vaudémont,
nièce du duc Charles III de Lorraine.
Politiques,
malcontents et monarchomaques
À
la suite de la mort d'Henri II, en 1559, et de la conjuration
d'Amboise (1560), les rois et leurs conseillers avaient
d'abord cherché à établir la concorde
religieuse, sans y réussir ; puis, sous l'influence
de Michel de l'Hospital, une possible tolérance civile
s'était fait jour. Cependant, les guerres internes
avaient ruiné les espoirs de paix et révélé
des différences politiques importantes entre les
partisans de cette tolérance civile : si tous souhaitaient
un pouvoir fort, ils n'en concevaient pas la répartition
de la même façon. Aussi, au retour d'Henri
III en France, le royaume était miné par l'insubordination
des nobles, des protestants comme des catholiques intransigeants,
et dès le 10 septembre 1574, le roi publia une déclaration
«touchant le retour de ses sujets dans son obéissance».
Le
parti des «politiques» selon une appellation
péjorative donnée par les «dévôts»,
qui leur reprochaient leur manque de foi , directement
issu des théories de Michel de L'Hospital, insistait
sur la souveraineté que devait exercer le roi assisté
de son Conseil ; ses thèses évoluèrent
peu à peu vers l'importance d'un pouvoir central
fort, et débouchèrent sur les théories
absolutistes qui triomphèrent avec l'avènement
d'Henri IV. Les politiques se recrutaient essentiellement
dans les milieux bourgeois issus de l'humanisme.
Les
«malcontents», issus de la grande noblesse, s'ils
s'accordaient avec les politiques sur l'importance de la
dignité royale, cherchaient dans le même temps
à écarter toute tentation absolutiste ; ils
prônaient donc un partage effectif du pouvoir entre
le roi, la noblesse et les états généraux.
Les principaux représentants des malcontents furent
Henri de Montmorency-Damville, Henri de Condé et
Henri de Navarre, le futur Henri IV, qui évolua dans
les années 1580, au fur et à mesure qu'il
se rapprochait du trône, vers les thèses absolutistes.
Enfin,
les monarchomaques néologisme péjoratif
forgé sur les mots grecs monarchos et makhomai, signifiant
«ceux qui combattent le roi» reprenaient les
anciennes théories de prééminence des
états généraux ; pour eux, le roi était
choisi par Dieu et par le peuple ; aussi jugeaient-ils légitime
de déposer un «mauvais roi», les sujets
se trouvant délivrés de leur devoir d'obéissance
dès lors que le prince était devenu un assassin
et un tyran. Cependant, ils ne peuvent être considérés
comme des démocrates au sens moderne du terme : le
peuple n'est pour eux qu'une personnalité juridique
représentée par les seuls états généraux.
La
guerre des Malcontents (1574-1576)
À
la mort de Charles IX, Montmorency-Damville avait été
démis de son gouvernement de Languedoc par la régente
Catherine de Médicis, au profit du successeur de
l'amiral de Coligny, le marquis de Villars, un catholique
intransigeant. Depuis Lyon, Henri III confirma cette décision
; aussitôt, Montmorency-Damville s'allia aux réformés
et aux «catholiques paisibles» et entra en rébellion
ouverte contre le roi.
Au
même moment, à la fin de 1574, Henri III connut
la première de ses crises d'abattement, au cours
desquelles il se livrait à des démonstrations
d'humilité, qui impressionnèrent défavorablement
ses contemporains ; il fit ainsi pénitence à
Avignon, pieds nus, peu avant la Noël 1574. La reine-mère
joua alors un rôle décisif dans les négociations
avec les nobles révoltés, surtout après
la fuite de François d'Alençon de la cour,
le 15 septembre 1575, aggravée par la fuite d'Henri
de Navarre en février 1576.
Par
l'édit de Beaulieu (6 mai 1576), Henri III reconnaissait
ses erreurs lors de la Saint-Barthélemy et en réhabilitait
les victimes. Il acceptait de réunir les états
généraux, espérant que ceux-ci annuleraient
les dispositions de l'édit, trop favorable selon
lui aux protestants et qu'il n'avait signé qu'à
la demande de la reine-mère. Opposés à
l'édit, les catholiques intransigeants créèrent
une première Ligue, à la tête de laquelle
se plaça Henri III, ce qui lui permit d'en atténuer
les conséquences politiques.
Les
états généraux de Blois (6 décembre
1576 - 5 mars 1577)
Contrairement
à l'attente des malcontents, qui en avaient demandé
la réunion, les députés envoyés
aux états généraux étaient en
majorité issus de milieux catholiques, effrayés
par les dispositions de l'édit de Beaulieu. Les états
cherchèrent à contrôler ouvertement
le Conseil du roi et à limiter son pouvoir de décision
aux seuls cas où les trois ordres ne se seraient
pas mis d'accord. Mais le roi refusa d'accéder à
ces demandes ; il trouva l'aide de Jean Bodin, qui exprima
l'idée que le partage de la souveraineté entre
le roi et ses états était «du tout impossible».
Enfin, les états généraux échouèrent
à trouver une solution à la crise financière
que traversait le royaume.
La
sixième guerre de Religion (1576-1577)
Alors
que la composition des états généraux,
à majorité catholique, avait conduit les protestants
à reprendre les armes et à ouvrir la sixième
des guerres de Religion dès décembre 1576,
l'incapacité du roi à trouver des fonds l'amena
à chercher très rapidement la paix.
Cette
prise d'armes fut marquée par les sacs d'Issoire
et de La Charité-sur-Loire, et se conclut par la
paix de Bergerac et l'édit de Poitiers (17 septembre
1577). Celui-ci restreignit considérablement la liberté
de culte des protestants, mais, en interdisant les ligues
de toutes tendances, il marquait un renforcement temporaire
de l'autorité royale. Henri III pouvait dès
lors espérer atteindre la concorde civile et s'atteler
à résoudre les problèmes financiers.
De
l'édit de Poitiers à la mort du duc d'Anjou
(1577-1584)
Henri
III procéda à certaines réformes, sans
parvenir cependant à résoudre l'énorme
déficit financier. Il s'attacha à créer
son propre parti, dont la plupart des membres étaient
issus de la noblesse moyenne. Ce faisant, il s'aliéna
le soutien des grands, d'autant que certaines mesures les
irritèrent, comme la nouvelle étiquette de
la cour, qui rabaissaient les nobles des hauts lignages
à des rôles subalternes.
Les
mignons d'Henri III
La
vie privée du roi et ses goûts suscitèrent
l'hostilité, à cause de ses raffinements
bijoux, notamment boucles d'oreille, parfums, vêtements
, de son caractère non conforme à l'idée
que ses contemporains se faisaient de leur souverain périodes
d'abattement, crises mystiques , et surtout de ses «mignons».
Les
mignons d'Henri III étaient des nobles d'épée,
qui constituèrent ses favoris tel est en effet
le sens du mot «mignon» au XVIe siècle,
à l'exclusion de toute connotation sexuelle, même
si les libelles dirigés contre le roi allèrent
jusqu'à parler de «mignons de couchette».
Les plus célèbres des mignons furent les deux
«archimignons», les ducs d'Épernon, et
de Joyeuse, ainsi que François d'O. D'autres mignons
s'illustrèrent, tels François d'Espinay de
Saint-Luc (1554-1597), qui prit part aux guerres de Religion,
mais qui tomba rapidement en disgrâce par la suite,
il fut nommé par Henri IV lieutenant général
en Bretagne (1592) , Louis Bérenger, seigneur du
Guast, assassiné en octobre 1575 sans doute sur l'instigation
de Marguerite de Valois, et ceux qui prirent part au célèbre
duel des mignons, qui opposa, le 27 avril 1578, Jacques
de Lévis, comte de Quélus (ou Caylus, 1554-1578),
Louis de Maugiron et Livarot, à trois mignons d'Henri
de Guise, Ribérac, Schomberg et Entragues ; seuls
Livarot et Entragues survécurent.
Les
réformes intérieures
Henri
III entama de profondes réformes dans le domaine
financier ; il fit établir un Estat du domaine et
des finances de France (1583), qui dressait un inventaire
des biens de la couronne et de l'évolution des impôts
depuis le gouvernement d'Anne de Beaujeu sous son propre
règne, de 1576 à 1588, le montant de l'impôt
principal, la taille, passa de 7 à 18 millions de
livres. Au terme d'importantes économies, ses financiers
parvinrent à rééquilibrer le budget
royal en 1585, limitant le déficit à 360 000
écus, contre 1 800 000 en 1584. Mais les troubles
de la Ligue ruinèrent ces efforts, et les dettes
royales culminèrent en 1588 à 133 millions
de livres, contre 100 millions au début du règne.
En
1578, Henri III institua un nouvel ordre de chevalerie,
pour tâcher de s'attacher des fidèles ; il
lui donna le nom d'ordre du Saint-Esprit, ce qui était
conforme à ses propres conceptions, parfois proches
du mysticisme. Il créa plusieurs ordres religieux,
notamment, en 1583, l'Oratoire de Notre-Dame-de-Vie-Saine
(à Vincennes), puis deux autres encore en 1585. Il
fit rédiger le Code Henri III par Barnabé
Brisson, président du parlement de Paris, afin de
tâcher d'unifier les diverses coutumes juridiques
du royaume. Le Conseil du roi devint, à partir de
1578, le Conseil d'État ; il fut divisé en
sections et réorganisé. Il modifia l'étiquette
de la cour et publia un règlement à l'usage
des courtisans, qui divisait ceux-ci en plusieurs niveaux.
En 1582, à la suite de la bulle de Grégoire
XIII Inter gravissimas, le royaume abandonna le calendrier
julien pour le calendrier grégorien. Enfin, Henri
III étant soucieux d'approfondir sa propre culture,
il créa l'académie du Palais, autour de Ronsard
et de Du Baïf.
L'absence
d'héritier
Il
devint très vite évident que le couple royal
était stérile cette stérilité
était peut-être la conséquence d'une
fausse couche de la reine. Les époux royaux tentèrent
par toutes sortes de moyens d'obtenir un héritier,
à la fois par des recettes de médecins ou
de guérisseurs, par des pèlerinages et par
des mortifications. À partir de la mort du duc d'Anjou,
en 1584, l'extinction des Valois devint une certitude.
La
question de la succession au trône devint l'enjeu
du règne. Henri de Navarre était le légitime
successeur d'Henri III selon la loi salique, mais sa religion
entrait en contradiction avec une tradition bien établie,
qui voulait que le roi Très-Chrétien soit
catholique. Le plus proche parent catholique d'Henri III
était Charles, cardinal de Bourbon, né en
1523, dont il était certain qu'il n'aurait pas d'héritier.
Henri de Guise se posa dès lors en successeur possible
; les Guise affirmaient en effet descendre directement de
Charlemagne, et prétendaient donc avoir des droits
plus établis encore que les descendants d'Hugues
Capet.
(yahoo
encyclopédie)
Homosexualité
En
France, Henri III, qui portait souvent, outre bijoux, toilette
féminine, obligeait toute sa cour de « mignons
» à en faire autant. Reste que certains continuent
de contester le caractère homosexuel de sa relation
avec les mignons.

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