Parcours
Culture
Club, groupe classé dans la catégorie New Romantic, rencontre
la gloire grâce au morceau Karma Chameleon, une chanson
qui évoque l'amour véritable mais longtemps gardé secret
entre Boy George et son batteur Jon Moss.
Si
l'ascension est rapide, la chute sera abrupte et précipitée.
L'album The War Song, qui s'est pourtant bien vendu, est
une véritable horreur d'un point de vue musical. En 1986,
le groupe se sépare et la presse commence à s'intéresser
à la toxicomanie de plus en plus galopante de Boy George.
Boy
George raconte. "Notre troisième album a été une vraie
catastrophe. On en était arrivé au point où la musique était
secondaire, ce qui comptait, c'était la vie de star que
nous menions. Au milieu des années quatre-vingt, on a complètement
perdu les pédales. On voyageait sans cesse, on enchaînait
les tournées, les interviews, les émissions de radio et
de télé. La musique n'était plus qu'un prétexte, voilà pourquoi
tout a foiré."
L'histoire
musicale de Culture Club tient en peu de mots. Mais ce dont
tout le monde se souviendra, c'est de ce bonhomme au look
aussi extravagant que recherché. T-shirt délirant, dreadlocks
entremêlés et déhanchement de gazelle un peu fofolle.
En
1982, une seul apparition télévisée de Boy George suffit
en effet à plonger le monde hétéro et bien pensant dans
des abîmes de perplexité. Un quotidien anglais titre " Est-ce
un oiseau ? Est-ce un homme ? Non, c'est Boy George. " Les
raisons de cette mise en scène sont pourtant évidentes.
"Si
je me déguisais en travesti, ce n'était pas pour ressembler
à une femme, je trouvais que cela me rendait plus exotique.
J'ai toujours trouvé que j'avais un visage assez banal.
J'ai d'abord commencé par me maquiller, puis à me transformer
et c'est resté. En grandissant, j'ai rencontré de plus en
plus de gens qui en faisaient autant. Des gens qui ne s'identifiaient
pas à leur environnement petit bourgeois."
Mais
le ridicule ne tue pas et Boy George apporte de l'eau au
moulin des travestis du monde entier. Il ne contente pas
de clamer haut et fort son homosexualité, il agit.
Au
musicien de rock Kirk Brandon qui nie farouchement avoir
eu une liaison avec lui, il intente, et gagne, un procès,
ruinant au passage le mariage de son ex-amant. Boy George
ne mâche pas ses mots et à l'en croire, il est loin d'être
le seul travesti du royaume d'Angleterre.
"Quand
on passe en revue l'histoire d'Angleterre, nos rois, nos
reines, nos juges, nos prêtres, on voit qu'il y a chez nous
une véritable tradition du travesti, comme en Inde ou au
Japon. Dans le théâtre Kabuki, tous les rôles de femmes
sont exclusivement joués par des hommes. En Inde, avant
l'influence de l'Occident, il y avait des eunuques, qui
étaient considérés comme des êtres sacrés. "
(http://www.arte-tv.com/tracks/19990115/ftext/boygeorge.htm)
Depuis
le succès de Culture Club, en 1982, Boy George n'a pas cessé
de faire les manchettes. Sa personnalité flamboyante et
son talent ont fait rapidement de lui un monstre sacré dans
la tradition des Beatles, Bowie, Presley, Stones, Jackson
ou plus récemment Madonna. Pendant ces cinq années de Culture
Club, George O'Dowd a connu le paradis et la gloire. Mais
la déchéance d'une étoile peut survenir rapidement. Et l'impopularité
qui s'en suit. Les chiffres de vente des albums solo du
Boy ont graduellement descendu, la drogue a pris la poupée
maquillée sous son aile, les journaux à potins ont fait
des choux gras. Après le drame, George s'est remis au travail
et le succès est revenu avec la chanson-titre du film Crying
Game. Un album compilation pour couronner le tout et le
carrière du Britannique repart. Avec Cheapness and Beauty,
quatrième album solo de Boy George, qui sort en même temps
que son autobiographie Take It Like A Man, il remet des
pendules à l'heure, fait le bilan de sa vie et prend de
nouvelles directions. Oubliez le fragile travesti de «Do
You Really Want To Hurt Me», c'est un rocker nourri au T-Rex
et au Iggy Pop qui s'amène, allant même jusqu'à reprendre
«Funtime» du Iggy en question. Continuez à le découvrir
avec d'autres pièces telles «Satans Butterfly Ball» ou «Genocide
Peroxyde». Retrouvez la tristesse et le dramatique qui vous
ont tant fait pleurer du temps de «Victims» ou de «To Be
Reborn» avec la violonesque «If I Could Fly». Et cette fois-ci,
le gai parle. Même si ce n'était pas un secret, rarement
Boy George faisait-il mention de sa préférence sexuelle
(sauf pour l'engagée «No Clause 28»). Avec ce nouvel album,
il raconte ses amours («If I Could Fly» et «Your Love Is
What I Am»), ses déceptions («Unfinished Business»), soutient
les jeunes gais («Same Thing In Reverse»), dénonce l'hypocrisie,
l'étroitesse d'esprit, l'homophobie («God Don't Hold A Grudge»)
et pleure la crauté du sida («Il Adore»). Un album complet,
sauvage, virulent, dérangeant, magnifique.
(http://www.geocities.com/homni_ca/boygeorge/cheapness.html)
Boy
George, ex-chanteur de Culture Club, et actuel DJ, va monter
sur les planches à Londres à la fin du mois d’avri 2002.
Il va interpréter le rôle d’un artiste performer dans la
pièce "Taboo" qui est jouée à Londres depuis le 11 janvier.
Cette comédie musicale a été écrite par Boy George et elle
remporte un tel succès qu’elle a été prolongée jusque mi-septembre.
"Taboo" raconte l’histoire du plus grand club gay pendant
les années 80 et relate l’apparition du mouvement "néo-romantique"
face au gouvernement de Margaret Tatcher. Boy George va
profiter du départ de l’acteur Matt Lucas fin avril pour
le remplacer. (article gay.com)
Homosexualité
Voici
une interview de Tétu qui date un peu, mais Boy George
n'a pas changé d'orientation sexuelle :-)
Pourquoi
Culture Club à nouveau ?
Roy
m’a demandé : Est-ce que tu envisagerais de reformer
Culture Club ? Je me suis d’abord demandé si nous
arriverions à nous supporter. Mais nous n’avons pas
tellement changé. Les choses qui m’énervaient
chez les autres m’énervent toujours. Ma réaction
est juste un peu plus tolérante aujourd’hui. Dans
les années 80, mon attitude générale
était beaucoup plus impatiente, sûrement parce
que j’étais très instable émotionnellement.
J’étais un mélange entre Shirley Temple et
Hitler. Je voulais tout contrôler. Mais c’est très
épuisant.
Vous
êtes l’un des rares à faire un pont entre la
pop et la house…
J’ai
toujours fait partie de la culture des clubs. Le premier
disque que nous avons produit, «White Boy», était
un titre de dance music. Je me rappelle très bien
être allé au Camden Palace, qui était
le grand club de l’époque, pour voir si le DJ allait
le jouer. La dance music est la nouvelle pop : les grands
succès de house sont souvent des morceaux qui ressemblent
à des chansons comme celles que chantent Sash, Ultra
Nate, Rosie Gaines. En tant que DJ, ma vision de la musique
est à mi-chemin entre l’underground et les hit-parades.
J’ai toujours essayé de ne pas faire des morceaux
de house évidents. Les titres les plus intéressants
sont des hybrides entre le rock, le dub et la house. Je
ne crois pas ceux qui disent que la musique d’aujourd’hui
est ennuyeuse. Moi, je suis excité par les changements.
Comment
expliquez-vous que vous ayez eu si peu d’hommes dans votre
vie ?
Je
ne suis seul que depuis quatre ou cinq ans ! Quand on passe
d’une personne à l’autre, on oublie de réfléchir.
C’est quelque chose de typique chez les gays : on se sépare
et on en trouve un autre le même jour. En vieillissant,
je suis devenu plus compliqué. Je tombe amoureux
de mecs qui ne sont pas à ma portée. Je suis
un romantique incurable. Bien sûr, il m’arrive de
rencontrer quelqu’un et d’avoir du sexe, mais pas autant
que mes amis. Le fait d’être beau n’est pas suffisant,
il faut qu’il y ait une personnalité, un caractère
gentil.
Vous
avez dit quelque part que les gays ne vous aiment pas, physiquement.
Je
suis dans un no man’s land sexuel. Je n’entre pas dans le
stéréotype physique gay, je ne me sens pas
attirant sexuellement. Dans un club gay, tout le monde est
musclé, il y a un élément très
important de fascisme physique. À seize ans, je sortais
beaucoup avec des hétéros. Mais c’était
avant le sida. Depuis, ceux d’entre eux qui expérimentaient
sexuellement se sont mis à avoir peur. En tant que
rock star, je tombe dans la catégorie des Freddy
Mercury. Les gens ont cette idée que je suis tous
les soirs dehors en train de baiser.
Comment
vivez-vous le fait d’être seul ?
C’est
un problème. On peut devenir très méfiant.
Il suffit d’écouter Madonna quand elle se plaint
de ne pas trouver un homme décent. J’effraie les
gens. Je suis intimidant. J’attire des gens un peu faibles,
qui veulent être maternés. Et ce n’est pas
ce que je veux.
Comment
avez-vous échappé au VIH ?
J’ai
toujours été conscient du risque. J’ai fait
le test régulièrement. Quand je suis avec
quelqu’un, j’insiste beaucoup sur le fait qu’il doit être
safe avec les autres. Mais je n’ai jamais fait partie de
cette “classe A” des gays qui font des orgies. Beaucoup
de gens avec qui je couchais à New York étaient
des hétéros. C’est le maquillage. Ça
facilite beaucoup de choses (rires). Fondamentalement, je
n’ai jamais voulu faire partie du cliché homosexuel.
Je ne veux pas entrer dans un système de compétition.
Je veux quelqu’un qui puisse me voir, moi, George, et non
Boy George. Et c’est très difficile à obtenir,
voire impossible.
Au
début, vous étiez perçu comme une folle
assez méchante et maintenant, vous étonnez
tout le monde par le côté très authentique,
très gentil de votre caractère…
En
vieillissant, je pense que mon orientation sexuelle n’est
même plus intéressante. Si je vais acheter
du lait ou des cigarettes, ma sexualité n’est plus
un sujet de conversation. C’est l’avantage d’être
“sorti du placard”. Ce n’est pas amusant de me traiter de
tapette, par ce que, oui, je sais, merci. C’est le problème
avec George Michael : il a réussi à créer
tout un brouillard autour de lui, qui rend les gens beaucoup
plus curieux et médisants. Je ne vois pas qui, à
notre époque, aurait intérêt à
cacher sa sexualité. Être honnête, ça
désarme complètement les gens.
Qui
sont les gens que vous admirez ?
Ma
mère. Une bonne part de mon extravagance vient d’elle.
Ma mère n’a jamais eu le droit d’être brillante.
J’adorais la voir porter du maquillage ou une jolie robe.
Quand j’ai eu quatorze ans, je suis entré en conflit
direct avec mon père parce qu’il refusait qu’elle
soit glamour. Et il y a quelques années, ma mère
lui a dit : Tu m’as empêchée d’être la
femme que je voulais être, mais tu n’as pas eu le
courage d’empêcher George d’être ce qu’il est.

Cette
page fait partie d'un site très complet sur les personnalités
gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
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