Parcours
Tour
à tour typographe, journaliste, maître charpentier,
il vécut de préférence dans la société
des humbles travailleurs parcourant à pied les États
de l'Union. Il prit part en qualité d'infirmier à
la guerre de Sécession. Atteint de paralysie, il
conserva dans les souffrances son courage et son inébranlable
optimisme.
Long
Island
Mais
si sa vie se déroula dans une succession de décors,
il semble qu'un paysage seul en approfondit l'unité:
celui de l'île natale, «en forme de poisson»:
Long Island, qui fait face au port de New York et qu'il
n'a cessé de célébrer. C'est à
travers les grandes images de son lieu d'origine (bois envahis
par une herbe drue et des fleurs agrestes, buttes singulières
des vieux cimetières, chantiers de charpentiers,
cales de carénage, métiers de la mer et de
la terre), qu'il pensera l'Univers et qu'il concrétisera
le vertigineux appel d'un panthéisme de caractère
apocalyptique et mystique.
Cette
île lui propose, en effet, l'image d'une Amérique
en progrès, soulevée par la démocratie,
comprenant les États du Sud et ceux de l'Ouest, unissant
l'Atlantique au Pacifique, façonnant un monde nouveau
et bâtissant peut-être le monde.
Le
prophète de l'homme du commun
À
partir de 1847, Walt Whitman commence à noter dans
son journal intime des réflexions et des impressions
traduisant un immense besoin de communion humaine et universelle
et qui devaient constituer la matière de Feuilles
d'herbe: il y proclame son intention de devenir le prophète
et le poète de l'homme du commun, le barde de la
démocratie. La première édition de
Feuilles d'herbe paraît en 1855. L'oeuvre passe inaperçue.
Seul, le philosophe Emerson la remarque et voit en elle
l'incarnation de sa conception personnelle de l'Amérique
future.
De
1856 à 1860, Whitman se consacre à cette oeuvre
unique, dont les éditions successives se trouvent
augmentées d'un grand nombre de poèmes, où
prend voix l'individu d'«un nouveau continent de l'Amérique
intérieure». Dès lors, sa réputation
grandit. En 1873, paralysé à la suite d'une
attaque, il se retire dans la maison de son frère
à Camden, où il rédige des méditations
autobiographiques, publiées sous le titre de Jours
exemplaires (1882).
Il
tient alors jusqu'à sa mort son rôle de patriarche
barbu, recevant dans sa chambre, qui peu à peu devient
un sanctuaire, des pèlerins du monde entier.
«Le
grand camarade»
Panthéiste,
apôtre de la religion et de la vie naturelles, Walt
Whitman est le poète des images rhapsodiques, chantant
les désirs, les émerveillements et la foi
de l'homme moderne. Créateur d'une forme qui n'appartient
qu'à lui et qui s'apparente au verset, procédant
par succession d'images hautes en couleur, il a exprimé
son ardent amour de la vie libre et son culte de la démocratie.
Loué de Valery Larbaud, qui l'appelait «le grand
camarade», et de Federico García Lorca, qui
lui dédia une Ode, il a exercé une grande
influence, jusque sur la poésie française.
Homosexualité
Dans
la troisième édition de ses poëmes, Whitman
a regroupé les poëmes relatifs à l'homosexualité
dans une section intitulée Calamus.
Son
premier amant fut Peter Doyle, 18 ans. On retrouve une correspondance
fournie entre 1868 et 1880, avec beaucoup de "Many, many
loving kisses to you." L'amour de Doyle peut également
se voir dans la réponse de Whitman à une de
ses lettres en 1870 : "I have never dreamed you made so
much of having me with you, nor that you could feel so downcast
at losing me. I foolishly thought it was all on the other
side."
Si
forte soit-elle, il semble que cette passion se soit éteinte
et Whitman eut deux autres amants : Harry Stafford et Edward
Cattell.

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