Le
meilleur site existant sur cette auteur est sans aucun doute
http://mapage.noos.fr/vivien1900/ , réalisé par sa
webmaster Cristie Cyane. N'hésitez pas aller le
voir si vous voulez en savoir plus, notamment si vous voulez
lire des poëmes de Renée Vivien. Le site est
très bien organisé et très complet.
Parcours
Jean
Leproux dans son introduction du livre Lettres de Renée
Vivien à Kérimé (HB éd., 1998)
écrit ceci : "Si l’œuvre de Renée Vivien n’a
jamais été reconnue par le grand public, c’est
essentiellement en raison d’une vie privée jugée
scandaleuse, même par nombre de ses admirateurs. Alors
que ses dons exceptionnels, sans doute très supérieurs
à ceux des autres [parmi les femmes de lettres les
plus célèbres de son époque], Colette
exceptée, auraient dû la placer au premier
rang du groupe, elle ne fut jamais véritablement
admise dans le monde littéraire parisien. Elle fut
en effet celle par qui le scandale arrive.
Elle
n’était pourtant pas la seule à aborder le
sujet des amours lesbiennes. Mais elle seule eut l’audace
d’en parler à la première personne, ce qui
rendait le scandale inévitable, scandale d’autant
plus éclatant qu’elle avait du talent… Ainsi, l’œuvre
de Vivien peut être considérée comme
le symbole d’une injustice d’autant plus frappante qu’elle
porte sur un domaine intellectuel (la poésie) qui
devrait être à l’écart de ce genre de
débat."
(
voici son parcours tiré de http://www.bouquinerie.net/catalogue/V/
Il constitue une vision un peu moins flatteuse de la poëtesse.
A vous de vous faire une idée.)
D'origine américaine, Pauline Tarn naquit à Long Island
en I877, mais elle grandit en France. Célèbre amante et
amie de Natalie Barney, membres des Amazones, elle meurt
à Paris en 1909.
"Tes
Blessures sont plus douces que leurs caresses / vie de Renée
Vivien" par Jean-Paul Goujon. Un des livres les mieux
documentés sur la vie de Renée Vivien, et sur l’ambiance
de cette époque où, avec Natalie Barney, sévirent les «
Amazones ». C’est cette dernière qui éveilla à l’amour l’introvertie
Renée Vivien et qui restera toute sa vie son « grand
amour », même si elle trouva la sécurité d’un ménage « popotte
» au près d’Hélène de Zuylen.
Elle
doit sa place à l’acharnement qu’elle mis à publier ses
vers, toujours à compte d’auteur, et à la relative publicité
qu’en a faite son dernier éditeur, Sansot. Toute l’œuvre
est loin d’être de qualité, et la fin de sa vie, suicide
anorexique flottant sur l’alcool, est un peu pitoyable.
Elle se prit pour Sapho mais confondit les liqueurs avec
l’onde funeste. « « La pâleur éthérée de René Vivien tournait
en couperose » (Louise Faure-Favier). » (p 355).Voici ce
que l’auteur, pourtant fan, écrit : « La fabulation n’était
pas, il faut l’avouer, le fort de Vivien. Elle ne pouvait
guère inventer. Non que son imagination fût pauvre, tant
s’en faut ; mais la fiction déroutait totalement cette introvertie,
qui éprouva les plus grandes difficultés à sortir d’elle-même
pour créer des personnages ou des événements imaginaires.
Malgré
ses essais de reconstitution des vies de Sapho et des Kitharèdes,
Vivien n’aurait sans doute jamais pu écrire un livre comme
les Vies imaginaires de Marcel Schwob. Ce défaut éclate
dans certains de ses poèmes, et plus encore dans ses proses,
où la médiocrité de la fiction verse parfois dans une platitude
consternante. » (p 257). Voyageuse infatigable, jusqu’en
Chine et au Japon, elle eut une aventure aussi avec une
Turque : Kérimé Turkan-Pacha extrait de lettre « O la corolle
merveilleuse de ta bouche dans l’épanouissement secret de
tes lèvres, autres lèvres ! » (p281). Elle connut aussi
Emilienne d’Alençon, et la redoutable Jeanne de Bellune,
lesbienne des plus cocasses, issue du peuple. Quelques vers
pas mal quand-même : « Mais je ne tentai point de révolte
farouche : Le baiser fut le seul blasphème de ma bouche.
» (p409) Et sa dernière amour fut une poitevine, Camille
Arnot.
La
vie de Renée Vivien est aussi évoquée dans le Pur et l’Impur
de Colette. Quant à ceux qui disent que l’Angleterre était
tolérante pour les lesbiennes voici une de ses lettres :
« Mon Amour pour Elle (Natalie Barney) est déjà chuchoté
à Londres, cela empêchera ma sœur de se marier, cela achèvera
d’affoler ma mère, très nerveuse, cela m’interdira presque
toute société humaine » (p 164).Paris, Edition Régine Deforges,
1986, 443p.
Les
Œuvres de Renée Vivien : 1901 : Etudes et Préludes. poèmes,
Lemerre. 1902 : Cendres et poussières. poèmes, Lemerre.
Brumes et Fjords. poèmes en prose, Lemerre. 1903 : Evocations,
poèmes, Lemerre. Sapho, traduction et adaptations, Lemerre.
Etudes et préludes, éd revue et corrigée, Lemerre. Cendres
et poussières, idem, Lemerre. Du vert au Violet, poèmes
en prose, Lemerre. 1904 : La vénus des aveugles, poèmes,
Lemerre. Les Kitharèdes, traduction et adaptations, Lemerre.
La dame à la Louve, nouvelles, Lemerre. Une femme m’apparut,
roman, Lemerre. 1905 : Evocations, éd revue et remaniée,
Lemerre. Une femme m’apparut, éd remaniée, Lemerre. 1906
: A l’heure des mains jointes, poèmes, Lemerre. 2200 ex.
1907 : Chansons pour mon ombre, choix de poèmes (publié
sous le nom de Pauline M. Tarn), Lemerre. Flambeaux éteints,
poèmes, Sansot, ( 100 exemplaires). Le Christ, Aphrodite
et M. Pépin, prose Sansot. 1908 : L’album de Sylvestre,
prose, Sansot, à qq exemplaires. Poème en prose, édition
remaniée, Lemerre. Sillages, poèmes Sansot. (127 exemplaires)
1909 : Poèmes en prose, choix remanié, Sansot. Sapho et
huit poétesses grecques (sans nom d’auteur), réédition allégée,
Lemerre. Poèmes, anthologie remaniées, Lemerre. Vers à Marie
(à préciser). Ouvres posthumes 1909 : Pour ma sœur, poème,
Sansot. 1910 : Dans un coin de violettes, poèmes, Sansot.
Le vent des vaisseaux, poèmes, Sansot. Haillons, poèmes,
Sansot. 1912 : The One Black Swan, poèmes en prose (en anglais,
sous le nom de Pauline Tarn), Constable, Londres. 1917 :
Vagabondages, poèmes en prose, Sansot. 1923-1924 : Poèmes
de Renée Vivien, 2 vol, Lemerre. 1934 : Poésies complètes
2 vol, lemerre. 1982 : Anne Boleyn, bibliographie, éd à
l’Ecart.
Homosexualité
(fait à partir d'informations prises dans le site http://mapage.noos.fr/vivien1900/)
La
principale femme ayant compté dans la vie de Renée
Vivien fut Natalie Barney. Leur relation débuta en
1899. Les deux femmes ont des goûts assez différents
: Nathalie est clairement une mangeuse de femmes qu'elle
trouve dans les soirées mondaines alors que Renée
est fidèle en amour et n'aime pas ce genre de soirées
(elle préfère les soirées entre ami(e)s).
Renée vit très intensement cette relation
(elle envoie à Nathalie un bouquet de fleurs et un
poëme après chacune de leur rencontre), mais
décide de l'arrêter devant le peu de points
communs dans leur façon de vivre et devant la souffrance
qu'elle commence à ressentir. Nathalie Barney essaiera
de renouer avec son amante mais Renée Vivien écouta
la raison plutôt que la passion. Un séjour
à Mytilène en 1905 les rapprochera tout de
même.
Deuxième
femme à avoir compté pour Renée Vivien
: la Baronne Hélène de Zuylen, qui était
mariée, et mère de deux enfants. Avant que
leur relation ne se transforme en solide amitié,
Renée Vivien et elle vécurent une relation
stable à partir de 1902.
Enfin,
Kérimé - une admiratrice très belle
et très cultivée - se met à écrire
à Renée Vivien de Constantinople et débute
ainsi une longue correspondance très fougueuse ponctuée
de quelques rencontres. Mais Kérimé est mariée
et ne peut changer de vie : leur rupture aura lieu en 1908,
touchant profondemment Renée Vivien.
Voici
un exemple de leur correspondance "Cette nuit, l'obsession
est plus forte encore que d'habitude. Je ne puis dormir…à
cause de Vous, toujours… Je songe douloureusement que toutes
les paroles sont vaines, que seuls les baisers sont immenses
et profonds. Je rêve de voir toute la nuit ardente de vos
yeux. Je respire les parfums de votre chair… De toute votre
chair incomparable… Je rêve d'égarer mes lèvres parmi votre
chevelure, pareille à une forêt nocturne. Ma bouche possède
enfin votre bouche… ah ! votre bouche tant désirée ! Je
vous aime avec passion et avec douceur. Et vous apprenez
de moi la ténacité légère des caresses féminines. Je vous
apprends tout ce que l'effleurement recèle de hardi et de
passionné…et peu à peu, vos lèvres répondent à mes lèvres…
Et votre doux corps s'anéantit dans la volupté… Ecrivez-moi.
J'ai soif. J'ai soif de vos lettres… et de vous." (Lettres
à Kérimé Turkan-Pacha)
(
tiré d'une autre page web sur l'écrivaine
: http://perso.wanadoo.fr/laureline/renee_vivienl.htm )
Un
de ses poëmes : A la femme
aimée
Lorsque
tu vins, à pas réfléchis, dans la brume,
Le
ciel mêlait aux ors le cristal et l'airain.
Ton
corps se devinait, ondoiement incertain,
Plus
souple que la vague et plus frais que l'écume.
Le
soir d'été semblait un rêve oriental
De
rose et de santal.
Je
tremblais. De longs lys religieux et blêmes
Se
mouraient dans tes mains, comme des cierges froids.
Leurs
parfums expirants s'échappaient de tes doigts
En
le souffle pâmé des angoisses suprêmes.
De
tes clairs vêtements s'exhalaient tour à tour
L'agonie
et l'amour.
Je
sentis frissonner sur mes lèvres muettes
La
douceur et l'effroi de ton premier baiser.
Sous
tes pas, j'entendis les lyres se briser
En
criant vers le ciel l'ennui fier des poètes
Parmi
des flots de sons languissamment décrus,
Blonde,
tu m'apparus.
Et
l'esprit assoiffé d'éternel, d'impossible,
D'infini,
je voulus moduler largement
Un
hymne de magie et d'émerveillement.
Mais
la strophe monta bégayante et pénible,
Reflet
naïf, écho puéril, vol heurté,
Vers
ta Divinité.

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leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
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