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Marguerite de Crayencour, dite Marguerite Yourcenar

(née à Bruxelles en 1903, décédée à Mount Desert Island, États-Unis, en 1987)

Romancière et essayiste française

Parcours

Appartenant à une famille aisée de la Flandre, elle partage ses années d'enfance entre les propriétés familiales du nord et du midi de la France. Après avoir beaucoup voyagé en Europe (Italie, Suisse, Grèce), et étudié la littérature latine et grecque, elle fait dès 1939 de longs séjours aux États-Unis, où elle se fixe dans le Maine en 1958.

Son premier recueil, le Jardin des chimères paraît en 1921. Alexis ou le Traité du vain combat (1929) est un roman écrit, comme le reste de son œuvre, dans un style très pur, totalement classique. À ce «portrait d'une voix», chargé de résonances gidiennes, d'un jeune musicien en lutte contre son homosexualité, succèdent deux autres portraits de voix profondément troublées, la voix de Stanislas, narrateur de la Nouvelle Eurydice (1931, roman), et celle du «je» qui parle dans Feux (1936, poèmes en prose). En 1938, elle publie les Nouvelles orientales et l'essai intitulé les Songes et les Sorts. Dans le Coup de grâce (1939, roman), elle revient au discours d'un héros (Éric en l'occurrence) qui, au fur et à mesure qu'il s'exprime, laisse entrevoir l'être qu'il est et la faute qui l'enferme dans un destin de réprouvé.

Les Mémoires d'Hadrien (1951), pour beaucoup le chef-d'œuvre de Marguerite Yourcenar, invitent le lecteur à l'écoute d'une voix tout autre, presque sans faiblesse: la voix d'un homme (l'empereur romain du IIe siècle après J.-C.) qui, ayant surmonté ses conflits intérieurs, s'accepte et donne, par-delà son pragmatisme et son scepticisme, une haute leçon d'humanisme païen. Par la suite, elle traça la vie imaginaire de l'alchimiste Zénon (l'Œuvre au noir, 1968) et publia des récits autobiographiques (Souvenirs pieux, 1974; Archives du Nord, 1977). 

Marguerite Yourcenar a plusieurs fois sacrifié sans grand succès au théâtre, notamment avec Électre ou la Chute des masques (1954), sans doute sa meilleure pièce. En revanche, d'admirables traductions de Virginia Woolf (les Vagues), d'Henry James (Ce que savait Maisie), de negros spirituals (Fleuve profond, sombre rivière, 1964) et de poètes grecs (la Couronne et la Lyre, 1979) complètent son œuvre. Élue à l'Académie française en 1980, elle fut la première académicienne.

(yahoo encyclopédie)

Homosexualité (ici lesbianisme)

Ses innombrables voyages sont plus célèbres que sa vie lesbienne qui fut cachée, même si elle a vécu 42 ans avec l’Américaine Grace Frick. Qui prend femme prend pays ! Sa rencontre avec Grace en 1937 l’a fait immigrer aux États-Unis qu’elle habitera jusqu’à la fin de sa vie en 1987. Érudite, Grace sera d’ailleurs traductrice de ses oeuvres en anglais.

On peut aujourd’hui visiter Petite Plaisance, leur maison et leur jardin japonais, à l’Île des Monts-Déserts (Mount Desert Island) au Maine. Dans la salle de travail commune bondée de livres, leurs bureaux sont disposés face à face comme si le dialogue de leurs yeux amoureux existait toujours. Mais, la visite ne permet pas l’indiscrétion des regards. Leur chambre à coucher n’est pas ouverte au public !

Voici une interview de Mme Yourcenar sur l'homosexualité dans ses livres :

M.G. : - Il n y a guère d'exemples d'homosexualité féminine dans vos œuvres.

M.Y. :- Il y a Marguerite d'Autriche dans L'œuvre au noir, parce que Brantôme indique le fait. Mais en effet il n'y en a pas dans Hadrien. A supposer que Plotine ait eu ces tendances, ou d'autres, nous n'en voyons rien, et Hadrien nous la décrit " chaste, par dédain du facile ". Si je procède à une revue du passé, en particulier à travers les poètes grecs, puisque je viens de m'occuper d'eux dans un recueil de textes, on ne rencontre là que Sappho ; c'est un exemple unique, un " hapax " comme on dit quand on est pédant en matière de grammaire, et cela ne permet pas de voir ce qui se passait dans la vie de tous les jours. J'imagine que l'homosexualité féminine a toujours été trop invisible, trop liée aux rapports de la maîtresse de maison et des servantes, des amies et parentes vivant dans le gynécée, ou encore, on le voit bien chez Lucien, parmi les petites courtisanes, comme dans la délicieuse nouvelle Amants, heureux amants, de Valery Larbaud.

Dans les temps antiques, et même au Moyen Age, bien entendu, c'est la consigne du silence; Brantôme mentionne une amitié féminine de Marguerite d'Autriche seulement parce qu'elle était princesse et seulement après la mort de son jeune mari, passionnément aimé. Elle aussi se définirait comme bisexuelle.

M.G.- L'homosexualité féminine s'est beaucoup vue à la fin du siècle dernier, et au début de celui-ci.

M.Y. :- Je crois que là il y a eu - et il faut remonter un peu plus haut, dès le XVIIIe siècle - un goût voluptueux de l'homme pour la femme qui aime la femme, si bien que beaucoup de femmes profitaient de cette mode, ou se mettaient à la mode. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'était la principale raison, mais il y a eu cette espèce de mousse, de mode mondaine, vers la Belle Epoque. Dès le XVIIIe siècle, on voit très bien que Casanova est ravi, quand ses petites amies se rejoignent dans un lit ; le duc de Morny aussi, un siècle plus tard. Pensez aux peintures de Courbet; cela répondait à ce même goût. Même Ingres, avec Le Bain turc, c'était une espèce d'émoustillement devant une forme de sensualité sentie comme audacieuse et qui, évidemment, permettait au peintre de doubler, quand ce n'est pas de multiplier, dans ses attitudes d'abandon, l'objet féminin qu'il avait sous les yeux et qui provoquait son désir. Les Grecs n'ont guère connu cela. Peut-être ne s'intéressaient-ils pas assez à ce qui se passait dans le gynécée pour se demander ce qu'y faisaient leurs femmes, pendant leur absence.

M. G. - A votre avis, dans le monde moderne, c'est donc un faux problème?

M.Y. : - Immensément faux. Il devrait se résoudre un jour bientôt peut-être - par plus de liberté si les choses allaient bien, mais voyez la régression en toute matière dans certains pays islamiques, le Pakistan ou l'Iran, qui ont aussi rétabli le Code pénal du Moyen Age, et même plus dur qu'au Moyen Age, en Iran. En matière de mœurs, on peut toujours s'attendre à ce que la déraison renaisse sur tous les points.

M.G.-Alors quelle attitude adopter ?

M.Y : -Lutter contre elle.

(perso.wanadoo.fr/saphisme/XXe/Yourcenar.html )

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