Parcours
Anticonformiste
mondain, Jean Cocteau fréquente dès l'âge
de seize ans les cercles artistiques parisiens. Son itinéraire
artistique s'ouvre sur trois recueils de poèmes (la
Lampe d'Aladin , 1909; le Prince frivole, 1910; la Danse
de Sophocle, 1912). Ami de Diaghilev et de Stravinski, il
assiste en 1913 à la première du Sacre du
printemps dont il se montre un fervent admirateur. Réformé
durant la guerre, il est versé dans l'auxiliaire
à Paris, puis participe aux vols de Roland Garros,
auquel il dédie le Cap de Bonne-Espérance
(1919), tentative de poésie simultanée qui
n'est pas sans faire songer à certains poèmes
d'Apollinaire. Cocteau fréquente d'ailleurs ce dernier
ainsi que des artistes et des écrivains qui deviendront
célèbres: Modigliani, Blaise Cendrars, Picasso.
En
1919, il rencontre chez Max Jacob le très jeune écrivain
Raymond Radiguet, avec lequel il se lie d'une vive amitié.
Il publie en 1923 Thomas l'imposteur, aventure d'un jeune
homme qui, pour participer à la guerre de 1914, se
fait passer pour un autre au point de s'identifier à
lui et de mourir en héros. Ce récit développe
une des idées les plus chères à Cocteau:
le mensonge du poète est l'expression la plus pure
de la vérité. C'est durant l'année
1924, à la suite d'une dépression nerveuse,
qu'il commence à s'adonner à l'opium. Le Journal
d'une désintoxication date de 1930.
Le
premier film de Cocteau, le Sang d'un poète (1930),
qui fait sensation, s'inscrit dans la ligne des recherches
surréalistes bien qu'il contienne des symboles choisis
très consciemment. En 1938, les Parents terribles,
pièce jugée scandaleuse, remporte un grand
succès avant d'être interdite sous l'Occupation.
Nombre de ses œuvres seront adaptées au cinéma,
qu'il s'agisse de romans (Thomas l'imposteur, 1923, porté
à l'écran par Georges Franju en 1965; les
Enfants terribles, 1929, porté à l'écran
par Jean-Pierre Melville en 1949) ou de pièces de
théâtre (l'Aigle à deux têtes,
1947, porté à l'écran par Cocteau en
1948), sans compter le scénario de l'Éternel
Retour (1943). Après la Libération, Cocteau
revient au cinéma et signe la Belle et la Bête
(1946), adaptation onirique et précieuse d'un conte
de fées, puis Orphée (1950), généralement
considéré comme la plus belle de ses «poésies
cinématographiques». En 1955, il est élu
successivement à l'Académie royale de Belgique
et à l'Académie française. Un an plus
tard, il décore de fresques la chapelle Saint-Pierre
à Villefranche-sur-Mer. À sa mort, survenue
le 11 octobre 1963, il laisse un journal intime (1951-1963)
intitulé le Passé défini.
Alors
que Breton ramenait la création poétique à
la seule écriture automatique, produite par les associations
inconscientes de l'esprit humain,Cocteau assignait à
cette création une origine extérieure à
l'homme. Il affirmait obéir à la dictée
de puissances occultes, émettrices de signaux que
le rôle du poète était de déchiffrer.
Le poste de radio dont Jean Marais écoute, dans Orphée,
les messages incompréhensibles à tout autre
que lui est une image exemplaire, bien qu'assez lourde,
de ce que représente pour Cocteau le processus poétique.
Ainsi, il fait du poète un véritable médium
dont la mission est de décrypter le mystère
du monde, tandis que Breton considérait la poésie
comme une activité semblable aux autres. Cette différence
de conceptions est la cause du mépris dans lequel
les surréalistes ont toujours tenu Cocteau. Thomas,
Orphée, Tirésias, Cocteau tel qu'il se met
en scène dans ses textes et ses films sont autant
d'incarnations du poète, qui peut dire: «Je
suis un mensonge qui dit toujours la vérité.»
Sous le signe de cette affirmation, Cocteau a voulu placer
son œuvre, inégale, précieuse, irritante.
Il l'a voulue toute poésie, inventant pour la classer
une typologie originale: poésie de roman (le Potomak,
1924, le Grand Écart, 1923); poésie de théâtre
(Antigone, 1921; les Mariés de la tour Eiffel, 1921;
Orphée, 1926; Œdipe roi, 1937; la Voix humaine, 1930;
la Machine infernale, 1934; les Chevaliers de la Table ronde,
1937; la Machine à écrire, 1941); poésie
critique (le Secret professionnel, 1922; la Difficulté
d'être, 1947; Journal d'un inconnu, 1953; le Cordon
ombilical, 1962); poésie de cinéma (le Testament
d'Orphée, 1960); sans compter les recueils proprement
dits: Plain-Chant (1923); Opéra (1927); Clair-Obscur
(1954); Requiem (1961).
Un
narcissisme omniprésent et un esthétisme outré
sont les principaux défauts, particulièrement
sensibles dans ses films, de ce créateur doué.
Dessinateur et peintre, Cocteau a essayé de rapprocher
le dessin de l'écriture manuscrite. Mais son graphisme,
linéaire et plat, n'atteint jamais à la simplicité.
Il a inauguré un style qui a surtout été
exploité dans l'affiche.
(yahoo
encyclopédie)
Homosexualité
Dandy
du nouveau réalisme, Cocteau est poète, romancier,
essayiste, dessinateur, dramaturge, metteur en scène,
et mécène de bon nombre d'artistes.
Amant
du jeune talent Raymond Radiguet (1903-1923), il forcera
son ami à terminer "Le Diable au Corps", puis "Le
Bal du Comte d'Orgel", avant que celui-ci ne meurt tragiquement
à l'âge de 20 ans. C'est Cocteau qui découvrira
la beauté et le talent de Jean Marais (1913-1998),
celui qui deviendra son acteur fétiche et l'amour
de sa vie. Il est aussi à l'origine du succès
de Jean Genet (1910-1986), qu'il aide à faire publier
son "Notre Dame des Fleurs" en 1944.
Jean
Cocteau est l'auteur d'innombrables ouvrages, parmi lesquels
son fameux "Livre Blanc", paru anonymement en 1928, dans
lequel il justifie ses penchants: "Au plus loin que je remonte
et même à l'âge où l'esprit n'influence
pas encore les sens, je trouve des traces de mon amour des
garçons. J'ai toujours aimé le sexe fort,
que je trouve légitime d'appeler le beau sexe. Mes
malheurs sont venus d'une société qui condamne
le rare comme un crime et nous oblige à réformer
nos penchants."

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