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André Gide

né à Paris en 1869, décédé à Paris le 19 février 1951

Ecrivain français

Carrière

Par sa longue existence à la charnière de deux siècles, par son rôle dans la diffusion des idées et des œuvres, par son talent complexe et multiple, André Gide est une figure centrale de la récente littérature française: Malraux a salué en lui «le contemporain capital».

De la crise morale à l'aveu

À la fois classique et insolent, puritain et immoraliste, attentif à lui-même et engagé dans son temps, Gide vit ses contradictions dans l'inquiétude, mais il les vit jusqu'à la plénitude. De même, son œuvre n'assume un héritage que pour mieux en bouleverser le contenu et les lois.

L'éveil des sens

Son père, descendant d'une lignée de huguenots, était professeur de droit; sa mère appartenait à la bourgeoisie industrielle normande. C'est donc dans une famille aisée mais rigide qu'est né André Gide, à Paris, en 1869. La personnalité de ce fils unique restera marquée par la rigoureuse éducation protestante qu'il reçoit. Il mène des études irrégulières, dans plusieurs établissements où son tempérament renfermé le fait parfois passer pour un attardé. Il est même exclu de l'École alsacienne. Il se consacre plus volontiers à la botanique, à l'entomologie ou à la musique, dans une douce oisiveté qui, depuis la mort de son père, est surtout peuplée de femmes. Il épousera d'ailleurs une de ses cousines, Madeleine Rondeaux. Aucune nécessité extérieure ne contrarie son penchant pour la littérature, et il est vite introduit chez les symbolistes. Ses premiers écrits (les Cahiers d'André Walter, 1891; les Poésies d'André Walter, 1892) relèvent de cette esthétique, en même temps qu'ils révèlent la complexité de sa nature: le Traité de Narcisse, 1891; la Tentative amoureuse, 1893.

Le vrai Gide ne se révèle qu'en 1893: atteint de tuberculose, il part alors pour l'Afrique du Nord, comptant sur la douceur du climat méditerranéen pour se rétablir. C'est bien une révélation, en effet. Convalescent, il rejette toute morale puritaine et s'abandonne au plaisir des sens, exalte la liberté, la volupté de vivre pleinement. Cet éveil ne va pas sans troubler sa foi religieuse. De retour à Paris, guéri de sa maladie et libéré du poids des convenances, il prend aussi ses distances avec le milieu parisien dans l'amusant Paludes (1895). Mais c'est surtout dans les Nourritures terrestres (1897) qu'il ouvre une voie nouvelle en célébrant le désir, la ferveur, la sensualité. Ce livre ne rencontre pas un succès immédiat mais exerce une puissante influence sur les jeunes lettrés.

Entre puritanisme et immoralisme

Désormais, Gide ne cessera d'être tiraillé entre le puritanisme, dont il ne peut se détacher (la Porte étroite, 1909), et l'immoralisme, qui l'attire (l'Immoraliste, 1902). Avant de trouver son équilibre, il lui faudra vivre cette double inclination comme une longue crise, y compris dans son intimité: s'il s'en tient, dans son mariage, à une pure austérité, il cherche ailleurs le reste, ce que Madeleine supporte avec abnégation.

L'estime que lui portent les milieux littéraires lui permet de fonder en 1908 la Nouvelle Revue française, avec Jacques Copeau et Jean Schlumberger. La revue, soutenue par le banquier Gallimard, va bientôt donner naissance à la maison d'édition du même nom. Jusqu'au milieu du siècle, tout ce qui se fera de neuf et d'authentique en littérature passera par la NRF, c'est-à-dire par Gide et ses amis. En 1914, il publie les Caves du Vatican, où le personnage de Lafcadio se livre à l'«acte gratuit», symbole d'une liberté sans frein, qui s'accommode de l'égoïsme. Ce récit plein d'humour et d'audace assure la notoriété à Gide, qui va également jouir d'une réputation sulfureuse. Mais la guerre l'incite à la discrétion, à se dévouer plutôt pour les réfugiés. C'est le temps d'une nouvelle crise spirituelle. Au cours d'une longue correspondance, Claudel avait déjà tenté de ramener cette brebis égarée à la foi chrétienne. C'est l'effet inverse qui se produira: Gide rompt avec la pensée religieuse, et avec Claudel, qui l'ennuie. Madeleine a brûlé les lettres où son époux revenait sans cesse sur ses déchirements. Désormais, plus rien ne retient «l'immoraliste». C'est une nouvelle libération.

Du scandale au succès

Avec Corydon (1924, déjà publié anonymement en 1911) – justification de l'amour homosexuel soutenue par des arguments scientifiques – et Si le grain ne meurt (1926), Gide se livre à des confessions qui créent le scandale. Dans le même temps, toute une jeunesse excédée par le patriotisme se reconnaît dans les héros gidiens. Ses détracteurs comme ses admirateurs vont contribuer à lui désigner la place où, le temps aidant, Gide trouvera son image, et sa sagesse.

Le succès se confirme avec les Faux-Monnayeurs (1925), le seul de ses livres que Gide ait appelé «roman», celui qui remet le plus profondément en cause, non plus seulement les lois de la morale, mais aussi celles de la narration traditionnelle. Après ce livre, Gide, âgé de cinquante-cinq ans, a le sentiment d'avoir accompli son œuvre. Les récits suivants n'auront d'ailleurs pas tant d'originalité. Il peut maintenant se tourner vers le monde extérieur.

Entre monde extérieur et monde intime

D'un voyage en Afrique noire, il rapporte en 1926 deux documents accablants pour le colonialisme (Voyage au Congo et Retour du Tchad). Il participe au congrès mondial pour la paix et se rapproche du communisme. Parti en Union soviétique avec enthousiasme, il en revient désenchanté, découragé et renonce à l'engagement politique; désormais, il préférera se garder de toute prise de position sur les questions sociales ou politiques. La Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle il trouve une nouvelle fois refuge en Afrique du Nord, ne troublera pas même ce silence.

Déçu par le monde extérieur, Gide se retourne vers lui-même, se consacre à des confessions ou à des écrits autobiographiques, parmi lesquels le volumineux Journal 1889-1939, qui fait de lui le premier écrivain vivant à être publié dans la «Bibliothèque de la Pléiade» (créée en 1932), et qui sera complété par deux tomes consacrés aux années 1939-1942 et 1942-1949. On peut considérer Thésée (1946) comme le testament qu'un vieil homme toujours alerte place en un personnage mythologique. Tous conflits résolus, ou dépassés, le dionysiaque immoraliste est devenu un sage.

Près de cinquante ans ont passé depuis les Nourritures terrestres. La génération qui s'émouvait de découvrir le pouvoir des sens a fait place à une autre, inquiète du devenir du monde. La jeunesse préfère à présent la littérature engagée et ne voit plus en Gide qu'un vieil écrivain officiel. Celui-ci n'a plus qu'à se laisser porter par son image et par sa renommée. Comme Hugo, comme Goethe, il adopte l'attitude d'un patriarche serein. Les honneurs pleuvent, parmi lesquels, en 1947, le prix Nobel de littérature: lorsqu'une maladie de cœur emporte Gide, le 19 février 1951, ce n'est pas le «malfaiteur», jadis dénoncé, qui disparaît, mais un classique. Quel que soit le jugement porté sur son œuvre, elle continuera de lui assurer un rôle capital dans l'histoire littéraire du XXe siècle.

Une autobiographie

Avec plus de cinquante volumes, André Gide a abordé tous les genres littéraires: le récit, le théâtre, l'essai, les écrits intimes, et même, à ses débuts, la poésie, qui mérite à vrai dire moins d'attention que le reste. Il laisse aussi une abondante correspondance. Mais la véritable unité de son œuvre tient évidemment à la personnalité de l'auteur, omniprésent, et empêche de juger un ouvrage de Gide indépendamment de tous les autres, qui lui donnent son vrai sens. Comme le personnage d'Édouard, dans les Faux-Monnayeurs, est placé au cœur du roman qu'il écrit, Gide occupe le centre de son œuvre. Au point que, d'André Walter à Thésée en passant par Lafcadio, les noms des personnages fictifs peuvent apparaître comme autant de pseudonymes successifs. Ne reconnaît-on pas la même Madeleine Gide dans l'Immoraliste et dans la Porte étroite, qu'elle s'appelle Marceline ou Alissa? On a d'ailleurs pu reprocher à Gide de n'avoir pas créé de vrais personnages, vivants et autonomes, pour ne peindre que lui-même. C'est pourtant là sa force. Car, malgré ses nombreux récits, Gide n'est pas un auteur de «fictions». Ennemi de l'artifice, il met la sincérité au-dessus de tout. Comment n'aurait-il pas fini par renoncer aux masques pour s'exprimer, sans intermédiaire, à la première personne, puisqu'il était son unique personnage, assez complexe pour fournir le sujet de tant de livres ? Avec ses dernières œuvres, il achève une autobiographie commencée, cinquante ans plus tôt, sous des noms d'emprunt. Si le grain ne meurt, Numquid et tu?, Et nunc manet in te, Ainsi soit-il, le Journal forment le récit d'une vie et de ses inquiétudes, longue confession dont l'anticonformisme frise parfois l'exhibitionnisme, comme lorsqu'il évoque, dans le Journal, «deux nuits de plaisir» passées avec un jeune Tunisien.

Les thèmes gidiens

Relever les principaux thèmes dans l'ordre chronologique ramène donc à la biographie. Tout entière placée sous le signe de la métamorphose et de la diversité, la pensée de Gide ne saurait être réduite – sans verser dans la simplification – à quelques principes célèbres, tels que l'exaltation de la ferveur, la haine de la famille ou l'acte gratuit. C'est pourquoi Gide refuse d'admettre des disciples qui risquent de l'emprisonner dans un seul de ses aspects, figeant ses idées en enseignement. La contradiction est son élément, la variété sa méthode. Il peut être tour à tour et à la fois non seulement égoïste et généreux, croyant ou athée, mais aussi témoin (l'Afrique, l'Union soviétique, la cour d'assises...), moraliste (Dieu, l'homosexualité), critique (Montaigne, Dostoïevski, Oscar Wilde), pour ne s'en tenir qu'à quelques-unes de ses nombreuses facettes. Mieux que Thésée, en qui il s'incarne une dernière fois, c'est une autre figure mythologique qui le définit le mieux: Protée, l'insaisissable aux mille visages.

Le style

Le moins changeant dans l'œuvre de Gide, c'est encore le style. Bien qu'il se soit formé sous l'influence des symbolistes, volontiers hermétiques, voire précieux, il semble trouver ses vraies racines dans le XVIIIe siècle. Les mots qui le définissent sont ceux qui servent habituellement pour les écrivains d'avant la Révolution: limpidité, concision, naturel, pureté grammaticale. Ce respect de la prose fluide distingue Gide de ses contemporains, qui ont imposé au style leur puissante empreinte, comme Proust ou Claudel. Cela ne signifie pas qu'il n'ait innové en rien, mais sa contribution au renouvellement des formes, qui est réelle, et dont les Faux-Monnayeurs est le meilleur exemple, intéresse plus la structure que le langage. Même pour lancer des anathèmes, le ton reste celui d'un «honnête homme», plein de charme et d'humour. Les romans (qu'il les ait appelés «récits» ou «sotties») retiennent moins par l'ingéniosité d'une intrigue ou par l'originalité des personnages que par la profondeur de l'analyse psychologique, ce en quoi ils prolongent une tradition française. Le style de Gide est bien celui d'un classique, comme l'est parfois aussi sa démarche intellectuelle, ne serait-ce que par le fréquent recours à la mythologie. Cela explique peut-être que tant d'insolences aient été, à la fin, si bien acceptées par ceux-là mêmes qui en étaient l'objet.

(http://www.encyclopedie-hachette.net/W3E/LITT/ARTICLES/ma_2058.1.html )

Homosexualité

En 1911, André Gide (1869-1951) publie "Corydon" de manière anonyme. Pour la première fois dans l'histoire de la littérature française, un auteur fait nommément l'apologie de l'amour entre hommes. S'appuyant sur des exemples scientifiques, il retrace l'amour grec et condamne l'hétérosexualité dominante: "Dans nos moeurs, tout prédestine un sexe vers l'autre, tout enseigne l'hétérosexualité, tout y provoque: théâtre, livre, journal". Treize ans plus tard, en 1924, il réédite son ouvrage, en le signant cette fois de son nom. C'est le scandale: son oeuvre est jugée démoniaque, et tenue pour responsable de la dégradation des moeurs.

En 1926, il reconnaît être l'auteur de "Si le grain ne meurt", livre dans lequel il décrit sa première relation homosexuelle en Afrique du Nord.

Marié par convention à une femme qu'il n'aimait pas, Gide se liera en 1915 avec Marc Allégret (1900-1973), alors âgé de quinze ans. Plus tard, Allégret fera débuter Alain Delon et Jean-Paul Belmondo à l'écran, et signera quelques monuments du cinéma français ("Entrée des artistes", avec Louis Jouvet, 1938; "Sois belle et tais-toi", et "Un drôle de dimanche", 1958).

L'amour de Gide se caractérise par sa pédérastie. Il déteste les "invertis" adultes et les couples formés d'un "Jules et d'une folle". Toute sa vie, il aura des relations avec de jeunes prostitués.

Malgré des moeurs qui font scandale, André Gide reçoit le Prix Nobel de Littérature en 1947, quatre ans avant sa mort.

 http://www.lambda-education.ch/Ressources/Histoire/histchap4.htm

A savoir ...

C'est André Gide qui donne dès 1918 des définitions précises : " J'appelle pédéraste celui qui, comme le mot l'indique s'éprend des jeunes garçons. J'appelle sodomite ... celui dont le désir s'adresse aux hommes faits. J'appelle inverti celui qui dans la comédie de l'amour assure le rôle d'une femme et désire être possédé. " Tous sont homosexuels. Le mot " homosexualité " a été inventé en 1869 mais n'était pas encore utilisé couramment après la Première Guerre mondiale. L'auteur des "Nourritures terrestres " oubliait cependant de préciser les conséquences catastrophiques pour l'enfant des attitudes des adultes " pédérastes ". A son époque la majorité sexuelle n'était pas fixée à 15 ans.

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